6) Les
signes de la victoire.
Le coq est un emblème très ancien. Il est devenu celui de la France sans
doute par assimilation de gallus, le coq en latin
et Gallus, gaulois. Sur les monuments aux morts, il symbolise la pugnacité
du combattant et, bec ouvert, il fait résonner le chant de la victoire. Crête
arrogante, ailes serrées ou déployées, il se dresse avec fierté, crispant
ses ergots sur une sphère ou sur un casque :
Le "Poilu" (planche)
qui personnifie le soldat inconnu, est un emblème patriotique et victorieux.
Largement représenté, il est réaliste par la précision des détails de ses
vêtements et de son équipement : la capote retroussée sur les côtés, les jambières,
le casque, la gourde, les musettes...sont minutieusement représentées comme
à Gueudecourt. ; ce soldat de Jules Déchin,
bras tendu en un appel, nous parle aussi de paix.
Mais idéalisé par son attitude et son
expression, il figure le soldat prêt à tout pour sauver son pays :(1)
NOTE 1 : voir A. Prost, op.cit.
-soldat défendant son drapeau ; Arvillers
-soldat résistant ; Saint-Léger-lès-Domart
-soldat en marche, farouche et décidé,
poing serré, brandissant parfois lui-même sa palme (Raincheval)
; ou piétinant le casque ennemi (Proyart...)
- soldat combattant, crispé sur sa
mitrailleuse,(Sauvillers-Montgival)
jaillissant de la pierre (Agnières),
la grenade ou le fusil à la main (Moreuil),
à l'affût dans la tranchée (Arry).
Ils sont accompagnés, à l'occasion,
de formules agressives: "On les
a!"(Proyart); "On ne passe pas!"
Certains monuments exaltent la fraternité
d'armes :
Les victoires : divinité antique
de la victoire, une femme ailée
tient dans sa main une couronne de lauriers ou une palme. Elle veille un soldat
blessé, alliant le triomphe et le deuil.
Portant parfois le casque, plus rarement
le bonnet phrygien, elles gardent le drapeau qui s'enroule autour d'elles
comme l'écharpe d'Iris
Ces belles femmes aux formes épanouies,
drapées, symbolisent aussi la Paix, la France, la
Patrie, ou la Ville: Auchonvillers.