3) L'épigraphie.

 

 

            La dédicace qu'on peut lire sur les monuments aux morts, comme les ornements qui y sont apposés, mettent en évidence la destination du monument, sa signification.

 

            "La commune de...à ses glorieux enfants morts pour la France": (Guerbigny...) telle est la formule officielle, consacrée, avec ses variantes "A la mémoire des enfants de...morts pour la France" ou "A ses enfants (ou à ses fils) la commune reconnaissante". (Fressenneville ; Fouquescourt...)

 

  

            La référence à la Patrie apparaît dans des formules comme : "La commune de...à ses glorieux enfants morts pour la Patrie"; (Cayeux-sur-Mer) "la commune de...à ses héroïques enfants"(Gamaches ; Douilly...) A la mémoire glorieuse des enfants de...morts au champ d'honneur"; "Ils ont bien mérité de la Patrie".

 

 

 

            Certaines dédicaces engagent l'avenir et développent le mythe patriotique du soldat toujours prêt. Aux pieds du soldat de Lanchères, au garde-à-vous, on peut lire : "Veillons,  c'est pour notre France"; ou encore à Morchain (: "La France sauvée par son sacrifice, revivifiée par son coeur généreux, continue sa mission dans le monde".)

 

            Les grands moments de la guerre sont rappelés, (Ribemont) :Yser, Marne, Somme, Verdun.Les vivants sont invités à se souvenir, (Longpré-les-Corps-Saints) ; à se recueillir pour ceux qui ont sacrifié leur vie : "Passant, découvre-toi, car ils sont tombés pour sauver l'humanité"(Longueau). "Jeunes gens, inclinez-vous devant les noms de ces héros, souvenez-vous et n'oubliez jamais" (Vaux-les-Amiens, plaque de la chapelle de Frémont). A Gueudecourt, Félix Loncle, maire de l'époque et poète à ses heures, écrit ces vers au bas du monument :

 

Aux morts

Dormez fils de la Liberté

Dormez la gloire

Est éternelle

Elle parcourt l'immensité

Et grave vos noms

Sur son aile

 

A Marquaix-Hamelet, on peut lire :

A ceux

Qui ont donné leur vie

Pour la Patrie

Et pour un meilleur avenir

A nos jeunes héros

Notre gloire pure et douloureuse

Dans le pieux souvenir

Dans l'invincible espérance.

Et bien sûr, le célèbre poème de Victor Hugo illustre les monuments de plusieurs communes : (Equancourt ; Airaines ...)

 

"Ceux qui pieusement sont morts pour la Patrie,

Ont droit qu'à leur tombeau la foule vienne et prie.

Entre les plus beaux noms leur nom est le plus beau.

Toute gloire près d'eux passe et tombe éphémère ;

Et, comme ferait une mère,

La voix d'un peuple entier les berce en leur tombeau.

 

Victor Hugo, Hymne in Les Chants du crépuscule, 1831.

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