1) L'initiative

            Elle revient la plupart du temps aux communes : les conseils municipaux se réunissent afin de délibérer de l'opportunité de rendre hommage aux combattants disparus. Ainsi, le 6 janvier 1921 à Nouvion, le conseil municipal décide l'érection d'un monument "pour perpétuer le souvenir des enfants de Nouvion qui ont fait de leur poitrine un rempart vivant à l'invasion de l'envahisseur ennemi"; à Briquemesnil, c'est pour les enfants du pays "morts pour la France en défendant le sol sacré de la Patrie" (1). Partout s'affirme cette volonté profonde de perpétuer le souvenir des soldats tués au combat. Dans de nombreuses communes, un comité chargé de l'érection se constitue; les amicales des Anciens combattants se manifestent largement.

 

NOTE 1: Délibération du Conseil municipal, le 21 mars 1920.

 

 

Parfois le monument est dû à l'initiative personnelle : une famille durement touchée fait construire elle-même le monument d'Acheux en Amiénois. A Bougainville, c'est la mère d'un jeune homme tué à la guerre qui prend en charge le monument. A Proyart, l'imposant arc de triomphe a été financé par un enfant du pays.

 

            Emanant généralement d'une volonté collective, l'érection du monument aux morts doit tenir compte des désirs et opinions de tous mais aussi des lois, car un tel geste entre dans le cadre de "l'hommage public".

 

L'ordonnance du 10 juillet 1816 précise qu'elle est subordonnée à la sanction du chef de l'Etat. Cependant, après 1918, devant l'ampleur du phénomène et le nombre impressionnant des dossiers, le Président de la République, Alexandre Millerand, décrète que les préfets auront autorité pour statuer sur les projets de monuments aux morts (décret du 15 juillet 1922).

 

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